Les oreilles entendent mais c’est le cerveau qui donne du sens aux sons
Longtemps, la prise en charge de la perte auditive a consisté à rendre le son plus fort. Cette approche, aussi intuitive soit-elle, oublie l'essentiel : l'audition est un processus cérébral.
Oticon a basé ses technologies et sa vision audiologique unique sur ce constat depuis des dizaines d’années. Ce sont les neurones du cortex cérébral, et non les cellules ciliées de la cochlée, qui donnent un sens aux sons. Et pour fonctionner de façon optimale, le cerveau a besoin d'accéder à l'intégralité de la scène sonore¹.
Des études en neurosciences auditives² ont mis en lumière l'existence de deux sous-systèmes cérébraux travaillant en permanence, de façon simultanée et en interaction :
- Le sous-système d'orientation analyse en continu l'ensemble de l'environnement sonore — toutes directions, tous types de sons — pour créer une carte globale de la scène sonore.
- Le sous-système de concentration s'appuie sur cette carte pour sélectionner les sons pertinents et filtrer ceux qui ne le sont pas.
Ces deux sous-systèmes fonctionnent en boucle, en continu. Toutes les 250 millisecondes environ, le cerveau interrompt volontairement sa concentration pour réévaluer l'environnement et recalibrer son attention. Ce mécanisme n'est possible que si le cerveau dispose d'un signal d'entrée riche et, surtout, complet. Et cela change tout en matière d’audiologie.
Ce que les technologies conventionnelles ne font pas
La grande majorité des approches audiologiques conventionnelles — directivité fixe, réduction de gain, priorisation exclusive de la parole, compression traditionnelle — ont en commun de restreindre la scène sonore avant qu'elle n'atteigne le cerveau. Cette logique de "moins pour mieux entendre" part d'un postulat séduisant mais erroné : que le cerveau n'a besoin que de la parole pour traiter correctement ce qu'il entend.
Or, c'est précisément l'inverse. En limitant le signal d'entrée, ces approches privent le sous-système d'orientation des données dont il a besoin pour établir sa carte sonore. Le sous-système de concentration, lui, se retrouve alors à travailler dans le vide — incapable de discriminer correctement ce qui compte de ce qui ne compte pas.
La conséquence est immédiate et mesurable : l'effort d'écoute augmente. Le cerveau compense et mobilise des ressources cognitives supplémentaires, et la fatigue s'installe. Les utilisateurs le décrivent souvent avec une précision clinique : ils entendent, mais ils ne comprennent pas — ou ils comprennent, mais au prix d'un épuisement qui les décourage à communiquer ou les pousse à s’isoler.
« L’objectif ne doit pas être seulement de rendre les sons audibles, mais de faciliter leur interprétation par le cerveau. Nos technologies s’inscrivent dans cette approche : soutenir le traitement naturel du son pour réduire l’effort cognitif des patients. »
Eric Bougerolles — Directeur du pôle Audiologie Oticon
Ce que prouve la recherche
Depuis sa création en 1976, le centre de recherche Eriksholm — propriété d'Oticon — développe les Sciences Cognitives de l'Audition, discipline au croisement de la physiologie, des neurosciences et de la science cognitive. C'est de ces travaux qu'est née la philosophie BrainHearing d’Oticon.
Le parcours BrainHearing et le développement de ses technologiques phares se sont construit étape par étape, et s’est accéléré il y a une quinzaines d’années :
- Speech Guard™ en 2010 introduit une compression adaptative préservant les détails de la parole dans le bruit.
- OpenSound Navigator™ en 2016 permet de gérer simultanément plusieurs interlocuteurs et fournit à l’utilisateur une scène sonore sur 360°.
- OpenSound Optimizer™ en 2019 assure un gain maximal en éliminant le Larsen dans les situations statiques comme dynamiques, avant qu’il ne se produise.
- MoreSound Intelligence™ en 2021 capture et optimise les sources sonores tout en facilitant la séparation des sons par le cerveau.
- Wind & Handling Stabilizer™ et SuddenSound Stabilizer™ en 2023 protègent des sons soudains et perturbants.
- MoreSound Intelligence™ 3.0 et 4D Sensor en 2024 combinent une IA de 2e génération et des capteurs d’intention d’écoute pour une compréhension de la parole encore améliorée et un stress d’écoute réduit³ - nouvelle preuve d’efficacité des technologies BrainHearing Oticon sur le cerveau des patients.
Chacune de ces innovations a rapproché les utilisateurs Oticon d'une audition naturelle. Les bénéfices cliniques de ces technologies, qui facilitent le travail du cerveau dans son interprétation des sons, sont solides et documentés :
- Réduction de l'effort et de la fatigue d'écoute. Les études menées sur les utilisateurs d'Oticon Intent™ montrent des réductions significatives de l'effort d'écoute soutenu (-31 %) ainsi que du stress lié à l'écoute (-40 %)⁴. Les aides auditives Oticon soulagent de la fatigue cognitive auditive, ce qui permet aux utilisateurs de rester actifs et engagés plus longtemps dans la journée⁵.
- Amélioration de la mémoire de travail. Après six mois d'appareillage avec des aides auditives Oticon dotées des technologies BrainHearing, les performances de mémoire de travail des utilisateurs s'améliorent significativement par rapport à un groupe non appareillé⁶. Réduire l'effort d'écoute libère ainsi des ressources cognitives pour des tâches de plus haut niveau comme comprendre ou mémoriser.
- Meilleur rappel de la mémoire à long terme. Les utilisateurs d'Oticon More™ ont obtenu une amélioration de 16 % du rappel mémoriel à long terme par rapport aux utilisateurs d'Oticon Opn S⁷. Un signal mieux construit en amont permet, en effet, un meilleur encodage de la parole dans la mémoire.
- Engagement social accru. Il a été prouvé que le port d'aides auditives encourage l'engagement social et l'activité quotidienne chez les adultes malentendants⁸. Une bonne audition favorise une pensée saine — et une vie sociale plus riche⁹.
L’amplification seule ne suffit donc pas. Pour être efficace, une aide auditive doit respecter et soutenir les mécanismes naturels du cerveau. Soutenir ce dernier, c’est réduire l’effort d’écoute, préserver les ressources cognitives et permettre de garder l’énergie mentale pour maintenir un lien social. Et donc, préserver la santé globale du patient.
C’est précisément pour répondre à cette réalité clinique que la philosophie BrainHearing™ structure, depuis des décennies, l’ensemble des choix technologiques d’Oticon, guidant à la fois sa recherche fondamentale et son développement technologique, depuis la conception des algorithmes jusqu'aux études cliniques.
Avec une campagne dédiée intitulée Brainhearing, la référence en science auditive, qui démarre dans quelques jours, Oticon propose aux audioprothésistes de se réapproprier ces principes, d’en comprendre les applications concrètes et d’intégrer pleinement la dimension cérébrale dans leur pratique quotidienne.
Plus d'informations sur oticon.fr/professionals/brainhearing
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¹EEG, Alickovic et al, 2020 – Effects of Hearing Aid Noise Reduction on Early and Late Cortical Representations of Competing Talkers in Noise.
²O'Sullivan et al. (2019) — Hierarchical Encoding of Attended Auditory Objects in Multi-talker Speech Perception, Neuron, 104(6), 1195-1209. Puvvada, K.C. & Simon, J.Z. (2017) — Cortical representations of speech in a multitalker auditory scene, Journal of Neuroscience, 37(38), 9189-9196.
³Zapata-Rodríguez & Santurette (2024). Reducing sustained listening effort and listening stress with Oticon Intent. New clinical evidence. Oticon Research Brief.
⁴Par rapport aux générations d’aides auditives précédentes (Oticon More). Zapata-Rodriguez & Santurette, 2024.
⁷Santurette et al., 2020.