20 avril 2026 - Temps de lecture: 16 minutes
Perte auditive
Le quotidien avec un appareil auditif
20 avril 2026 - Temps de lecture: 16 minutes
Perte auditive
Le quotidien avec un appareil auditif
Bien que la perte auditive soit plus fréquente chez les personnes âgées, les jeunes adultes peuvent eux aussi en être affectés. L’exposition au bruit est l’une des principales causes de perte auditive chez les Millennials et la Génération Z. Ce type de perte auditive est irréversible, ce qui rend la prévention essentielle.
Une idée reçue fréquente sur la perte auditive est qu’elle ne concerne que les personnes âgées. En réalité, les jeunes adultes et même les adolescents peuvent également en être touchés. Avec la généralisation de l’écoute audio sur smartphone et l’exposition accrue aux bruits forts, la Génération Z et les Millennials présentent aujourd’hui des taux de perte auditive plus élevés que les générations précédentes au même âge.
Selon les Centers for Disease Control and Prevention (CDC), environ 12 % des adultes âgés de 18 à 39 ans déclarent rencontrer des difficultés à suivre une conversation dans un environnement bruyant, et environ 6 % souffrent d’acouphènes (bourdonnements ou sifflements dans les oreilles). Des recherches plus récentes indiquent que 17 % des adolescents et 19 % des jeunes dans la vingtaine (Génération Z) présentent des signes de perte auditive causée par le bruit.
Bien que plusieurs facteurs puissent entraîner une perte auditive chez les jeunes adultes, l’exposition à des sons forts reste le principal risque. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), « plus d’un milliard de jeunes adultes sont exposés à un risque de perte auditive permanente et évitable en raison de pratiques d’écoute dangereuses. »
Il s’agit d’une forme permanente de dommage auditif, provoquée par une exposition prolongée ou soudaine à des sons trop forts. Ce type de perte peut survenir à partir de 85 décibels. Plus le son est fort, moins il faut de temps pour endommager les cellules ciliées de l’oreille interne.
Les dommages liés au bruit surviennent souvent sur le lieu de travail, notamment dans le secteur du BTP ou de l’industrie, mais les activités de loisir jouent également un rôle important, comme :
Selon la Dr Cathy E. Kurth, audioprothésiste et directrice d’Audiology of Scottsdale en Arizona, le temps d’exposition des jeunes adultes à des bruits forts a considérablement augmenté au cours des 15 dernières années. Cela s’explique principalement par l’utilisation massive des smartphones, des jeux vidéo et des activités numériques intégrant du son en continu.
Les adolescents et jeunes adultes portent des écouteurs ou des casques de plus en plus souvent, et pendant de longues périodes. Il est devenu habituel de les garder toute la journée : dans les transports, en étudiant, en s’entraînant, en téléphonant ou en jouant à la maison. De plus, sans dispositif de contrôle, il est difficile d’évaluer le niveau sonore réel, ce qui rend le risque de dommages auditifs plus insidieux. « Écouter un son à 80 décibels ou moins pendant 8 heures est acceptable », explique la Dr Kurth. « Mais écouter de la musique à 90 voire plus de 100 décibels pendant plus de deux heures peut provoquer des dommages auditifs permanents. Plus le niveau de décibels est élevé et prolongé, plus les effets apparaîtront rapidement. »
Le gaming est devenu un sujet d’étude récent concernant ses effets sur l’audition. Très populaire chez les jeunes, il concerne 85 % de la Génération Z, dont près de la moitié joue quotidiennement, selon une enquête du Pew Research Center en 2024.
Une étude de cas publiée dans le BMJ Public Health a mis en évidence un lien entre jeu vidéo ou e-sport et perte auditive/acouphènes. Elle indique que les volumes sonores utilisés par les gamers dépassent fréquemment les seuils d’écoute sécurisés.
Les joueurs passent souvent plusieurs heures d’affilée avec un casque audio, notamment dans les centres de gaming, où le bruit ambiant les pousse à augmenter le volume. De plus, de nombreux jeux incluent des sons soudains et puissants, comme des explosions ou des tirs, qui peuvent endommager l’audition.
Vivre avec des aides auditives dans la vingtaine, la trentaine ou la quarantaine peut être très différent de l’expérience que vivent les personnes âgées dans la même situation.
Contrairement aux seniors, les jeunes adultes sont souvent en pleine construction de leur vie professionnelle, de leur famille ou de leur parcours académique — autant de domaines que la perte auditive peut affecter de manière spécifique.
Des questions concrètes se posent : faut-il révéler ou non sa perte auditive ou l’utilisation d’aides auditives ? Comment gérer les réunions en présentiel ou à distance ? Comment choisir un métier compatible avec ses besoins auditifs ? Comment inclure un collègue malentendant au mieux ? Ces réflexions sont bien réelles pour de nombreux jeunes actifs.
Dans l’enseignement supérieur
Les étudiants à l’université ou en école peuvent rencontrer des difficultés à obtenir les aménagements nécessaires, et doivent souvent militer eux-mêmes pour faire valoir leur droit à un environnement adapté. Ils se retrouvent d’ailleurs aussi face aux stigmas et peuvent se sentir isolés dans un monde où l’inclusion pour les jeunes malentendants reste insuffisante.
Élever un nourrisson ou un jeune enfant est déjà un défi en soi. Pour un parent malentendant, cela peut nécessiter des équipements spécifiques comme des babyphones lumineux, vibrants ou avec caméra. Dans ce contexte, le bon fonctionnement des aides auditives devient crucial, à la fois pour la sécurité et pour maintenir une communication fluide avec l’enfant. Et par conséquent, ne pas entraver le développement du langage chez le petit.
La solution la plus simple et pratique reste de protéger son audition dans les environnements bruyants en portant des bouchons d’oreilles.
Même si toutes les formes de perte auditive ne sont pas évitables, il est tout à fait possible de prévenir la perte auditive liée au bruit en adoptant quelques bonnes pratiques, notamment lors de l’utilisation d’écouteurs ou de casques. « Si une personne utilise des écouteurs ou des oreillettes, elle ne devrait pas dépasser 60 décibels pendant 60 minutes par jour maximum », explique la Dre Kurth.
Utilisateurs d’iPhone : vous pouvez surveiller votre exposition au bruit via l’application Apple Santé ou télécharger une application de mesure des décibels pour suivre vos niveaux sonores en temps réel et recevoir une alerte en cas d’écoute trop forte ou prolongée.
Autre stratégie essentielle : porter des bouchons d’oreilles lors de concerts ou dans des lieux bruyants. Vous pouvez opter pour des modèles classiques disponibles en pharmacie ou en ligne, ou faire réaliser des bouchons sur mesure chez un professionnel de l’audition. Et si vous n’aimez pas les bouchons, pensez aux casques antibruit, tout aussi efficaces.
Faites aussi des pauses régulières : si vous ressentez des sifflements, des douleurs aux oreilles ou des maux de tête, accordez-vous un moment de silence.
Même si la perte auditive causée par le bruit est la seule forme totalement évitable, adopter un mode de vie sain contribue également à la préservation de votre audition sur le long terme.
Voici quelques bonnes habitudes à adopter :
Protéger votre audition aujourd’hui peut faire toute la différence demain. Si vous remarquez des sifflements dans les oreilles, des difficultés à suivre une conversation ou une impression de sons étouffés, il est temps de consulter un spécialiste et de faire un bilan auditif.
Et surtout, ne laissez ni la stigmatisation ni l’idée que vous êtes "trop jeune pour une aide auditive" vous freiner. Les appareils actuels sont discrets, performants, connectés et s’intègrent facilement à votre mode de vie. Prenez en main votre santé auditive et améliorez dès aujourd’hui votre qualité de vie.