16 juillet 2026 - Temps de lecture: 6 minutes
Counselling
Tips and tricks
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Tips and tricks
L’autophonation, un phénomène qui reste méconnu, peut transformer l'expérience de port des aides auditives, surtout lorsque celles-ci sont intra-auriculaires.
Les aides auditives sont conçues pour pallier la perte auditive des patients. Cependant, il arrive parfois que ces derniers fassent l’expérience désagréable d’entendre leur propre voix trop forte ou déformée. C’est ce qu’on appelle l’autophonation.
Gérer les effets de l’autophonation peut devenir un véritable défi pour les audioprothésistes, notamment dans le cadre d’appareils sur-mesure intra-auriculaires type IIC, CIC, ITC ou ITE.
Percevoir sa voix amplifiée ou quelque peu déformée est une expérience qui peut être déroutante et inconfortable pour l’utilisateur d’aides auditives. Pour résoudre ce problème courant, il est important de comprendre qu’il existe deux types d’autophonation : l’autophonation active et l’autophonation passive, chacune ayant des causes et des solutions différentes.
Les appareils auditifs sur-mesure dits intras sont plébiscités pour leur discrétion et confort mais peuvent être plus délicats à ajuster. La proximité dans l’oreille du (des) microphone(s) avec l’écouteur favorise un risque de Larsen. Il peut même être empiré par l’autophonation active, ce qui ajoute à la difficulté de réglage nécessaire pour assurer un confort d’écoute optimal au patient.
Mais des solutions existent pour contourner ces obstacles. Les derniers modèles d’intras chez Oticon, gamme Own, intègrent la technologie MoreSound Optimizer c’est-à-dire une technologie extrêmement rapide de prévention du Larsen même sur des adaptations plus ouvertes permettant de supprimer le Larsen avant même qu’il n’apparaisse en interrompant la boucle de rétroaction ,c’est ce que l’on appelle un système proactif. En identifiant les risques potentiels de Larsen, l’appareil offre une plus grande flexibilité d’adaptation permettant ainsi de limiter les cas d’autophonation sans que le patient s’en aperçoive.
Afin de gérer au mieux ce phénomène, reconnaitre le type d’autophonation auquel l’utilisateur a affaire est essentiel. La manière la plus simple pour l’audioprothésiste lors d’un rendez-vous est de déterminer si l’on est en présence d’autophonation passive ou active est d’éteindre les appareils.
Si le patient se plaint malgré tout de résonnance après la mise hors service de l’appareil, il s’agira d’autophonation passive ou occlusion. Si la gêne disparaît, l’autophonation est alors dite active ou amplusion et sera liée à l’amplification de l’appareil.
L’autophonation passive, ou encore occlusion, survient lorsque l’appareil ou l’embout auditif bloque le conduit auditif, empêchant la dissipation naturelle des sons internes, notamment la voix de l’utilisateur, conduisant à créer une forme de résonnance interne, désagréable pour l’utilisateur.
La correction de cette autophonation passive se fera en jouant sur les caractéristiques acoustiques de l’appareil, afin qu’il bouche un peu moins le conduit, telles que la taille du venting ou la longueur de l’embout :
La correction de cette autophonation passive se fera par des réglages acoustiques :
Il appartient donc à l’audioprothésiste d’évaluer la gêne ressentie par le patient de façon rigoureuse afin de découvrir si sa sensation est vraiment gênante et persistante ou si elle peut disparaître avec le temps. En effet, l’agrandissement du venting peut impacter le confort d’écoute mais aussi les performances globales de l’appareil. Une conversation précise avec le patient sera déterminante dans la décision.
En cas d’autophonation active ou amplusion, il faudra agir sur les paramètres de l’aide auditive pour diminuer la gêne ressentie par le patient. La vue audiologique dans Genie 2 permet d’observer l’amplification fournie par l’appareil sur la propre voix de l’utilisateur. Cette visualisation permet donc à l’audioprothésiste d’identifier les bandes de fréquences responsables de l'inconfort et d’ajuster les niveaux en conséquence.
Si l’amplification sur les fréquences moyennes est importante, alors il est recommandé de les réduire et d’évaluer si le phénomène continu, étant plus susceptibles de provoquer cette sensation de suramplification. Contrairement à ce qu’on peut croire, réduire les fréquences graves a, bien souvent, peu d’effet. En effet, ces fréquences sont, en général, peu amplifiées.
Exemple sur une vue audiologique :
Voici une petite astuce en cas d'autophonation active si vous hésitez à baisser les sons forts ou à baisser les sons faibles. Car cela dépend bien sûr de chaque cas. Même si le premier réflexe est de baisser les voix graves, la plupart du temps l'aide auditive n'amplifie que très peu la voix de l'utilisateur sur ces fréquences.
En passant sur la vue audiologique, la visualisation de la gêne devient plus évidente. Pour la trouver, cliquez sur la première icône entre les deux courbes de gain puis en dessous choisir « sa propre voix ». Cela permet d'avoir une vue d'ensemble sur l'amplification fournie par l'aide auditive sur la voix de l'utilisateur ; en d’autres termes, d’indiquer si l'amplification amène le spectre de la parole juste au-dessus du seuil d'audition ou bien plus loin.
Si sur les moyennes fréquences l'amplification est importante, il peut être intéressant de les baisser sur tous les niveaux d’entrée et de demander à l'utilisateur si le phénomène diminue. Si sa réponse est oui, on a alors la confirmation de travailler sur la bande de fréquences concernée.
L’analyse du spectre de la parole de la voix de l'utilisateur, banane grise, va alors aider à affiner le réglage sur les niveaux d’entrée concernés.
Prenons un exemple : sur le 1000 Hz le spectre est compris entre 40 et 70dB HL soit entre 35 et 65 dB SPL. Donc pas la peine d'aller modifier les Ne 80, juste les niveaux d'entrée 45 et 65 suffiront.
Enfin sur les hautes fréquences, il convient de regarder l’audibilité de la propre voix de l'utilisateur (zone grise). Si ce spectre ne dépassait pas ou peu le seuil d'audibilité du porteur et qu’avec les aides auditives, ce seuil est désormais un peu dépassé, le problème n'est pas dû à une suramplification mais au fait que ces fréquences sont de nouveau audibles grâce aux aides auditives. Un temps d'adaptation sera donc nécessaire.
Si le patient est un nouvel utilisateur, la gêne peut venir de sa découverte des appareils auditifs, notamment réentendre des sons qu’il avait perdus. Ces fréquences, auparavant inaudibles, peuvent devenir désagréables pendant une période d’adaptation, donnant l’impression que la voix est trop forte mais c’est en réalité le cerveau qui a perdu l’habitude de gérer ces fréquences.
Dans ces cas spécifiques, réduire légèrement l’amplification sur certaines bandes de fréquence peuvent faciliter la transition. Lorsque le patient s’est habitué à son nouvel appareil auditif, il convient de rectifier les ajustements en conséquence.
Résoudre les gênes liées à l’autophonation n’est pas une science exacte et reste un chemin à parcourir main dans la main avec le patient. Cela suppose de trouver l’équilibre idéal entre confort auditif et performances de l’aide auditive pour une satisfaction idéale de l’utilisateur.