8 juillet 2026 - Temps de lecture: 5 minutes
Perte auditive
Counselling
Pourquoi vos patients attendent-ils trop longtemps pour s’équiper ?

Retour sur les enseignements des dernières études sur le sujet (Eurotrack 2025 et IFOP x Oticon, Baromètre de la perte auditive).
Alors que le design et les technologies des aides auditives ont évolué de manière fulgurante, comment explique-t-on que les stéréotypes perdurent dans la société française, entraînant des passages à l’action toujours tardifs de la part des patients, notamment presbyacousiques ?
Une santé auditive sous-priorisée par la grande majorité de la population
Parce que bien entendre n’est pas encore assez tendance, les seniors atteints de perte auditive traînent encore des pieds pour s’appareiller, même lorsqu’ils sont conscients de leur situation.
En effet, le constat est alertant : seulement 39 % des Français se disent préoccupés par leur audition, contre 58 % pour la vue. Plus inquiétant encore, chez les plus de 50 ans seuls 4% se disent très préoccupés, la majorité continuant donc de tourner le dos à cette condition médicale, qui a pourtant un impact non négligeable sur la qualité de vie.
Ainsi, le parcours jusqu’à la première consultation chez un professionnel de l’audition s’allonge. Les Français préfèrent occulter le fait qu’ils n’entendent plus certains sons, ne les considérant pas comme primordiaux et minimisant les conséquences sur leur quotidien.
Cette prudence, bien que légitime, peut retarder la prise en charge et entraîner une dégradation progressive de l’audition. Malheureusement, souvent, s’en suivent de précieuses années perdues où l’audition des intéressés se dégradent inexorablement.
En effet, les tests auditifs restant sur la base du volontariat, les personnes atteintes de perte auditive très légères ne retournent pas tester leur audition chez un médecin ORL avant plusieurs années, au risque de voir leur audiogramme fortement dégradé.
Des freins psychologiques et sociaux encore puissants
Cette sous-préoccupation des Français pour leur audition s’explique aussi par une stigmatisation toujours présente. 15% d’entre eux citent le fait d’être « perçu comme vieux » et autant citent le « handicap » comme raisons de ne pas s’appareiller malgré une perte auditive présente et conscientisée.
De plus, près d’un français sur quatre (24%) mentionne le sentiment d’irréversibilité comme frein principal, estimant qu’une fois appareillé la perception de soi comme « vieux » ou « handicapé » perdure, sans retour en arrière possible. Plus alarmant, 13% espèrent guérir de façon spontanée. Cependant, comme nous le savons, rares sont les cas de pertes auditives qui se résorbent d’elles-mêmes, et encore plus rare sans consultation professionnelle.
Enfin, un autre frein important à l’appareillage est la crainte de ne pas le supporter, citée par 40% des Français. Quand les personnes appareillées oublient souvent d’enlever leurs aides auditives au coucher ou avant de se doucher, il reste surprenant que pour près de la moitié des Français, il reste une appréhension telle de la gêne et de l’inconfort que les personnes atteintes de perte auditive préfèrent ne pas rechercher de solution.
Les raisons qui ralentissent les Français dans leur parcours auditif restent dans la sphère émotionnelle. Seule une éducation encore plus poussée du grand public sur la réalité de l’appareillage, du parcours patient et un accompagnement en douceur tout au long du processus pourra faire changer les mentalités.
Dans cette optique, l’audioprothésiste endosse un rôle clé, celui du médiateur de confiance, qui au quotidien, motive et accompagne ses patients vers l’acceptation et, ensuite, le retour à la vie que les patients souhaitent mener, sans aucun compromis.

Une méconnaissance persistante des aides auditives
Lorsqu’on creuse encore plus loin dans le contexte de l’appareillage, on se rend compte que l’aide auditive en elle-même est très peu connue. Son niveau de technologie et les réglages fins effectués par l’audioprothésiste pour personnaliser le son aux besoins spécifiques de chaque patient restent invisibles aux yeux des Français.
En effet, une étude récente (Baromètre IFOP x Oticon 2024 2024, les Français face à la perte auditive) montre que près d’un Français sur deux considère qu’un appareil auditif ne fait qu’amplifier les sons, quand nous savons le nombre de traitements qui interviennent chaque seconde et le niveau d’Intelligence Artificielle intégré dans les aides auditives dernière génération. Bien que la technologie poussée ne soit pas toujours facile à expliquer aux patients, il est indispensable de pouvoir leur montrer le niveau de technicité pour lequel ils payent et qui leur permettra de changer leur vie pour le meilleur.
Par ailleurs, plus de deux tiers de la population (67 %) estime l’appareillage contraignant. Bien que les premières semaines nécessitent une adaptation certaine, les patients appareillés sont peu nombreux à vouloir revenir en arrière. Par ailleurs, les aides auditives rechargeables ont aussi considérablement facilité le quotidien des patients. Des avantages pourtant déjà bien mis en avant par la majorité des professionnels de l’audition.
Le rôle des proches : un levier d’influence sous-exploité
On le sait, dans le contexte de la perte auditive, les proches sont aussi impactés que l’intéressé(e). Quand la communication en pâtit, c’est toute la famille qui doit palier et trouver des solutions de fonctionnement différents.
De plus, même dans l’appareillage, 51 % des décisions d’achat sont influencées par le conjoint. Ainsi, si ce dernier n’est pas favorable à l’appareillage, c’est l’acceptation du patient qui peut s’en trouvée réduite voire anéantie. On peut donc les qualifier de codécideurs émotionnels.
Pour autant, une donnée très encourageante peut être mise en avant auprès des patients : 73 % des proches constatent une amélioration des relations sociales après l’appareillage. Alors, insister sur l’accompagnement des proches dans tout le parcours auditif est indispensable à la réussite de l’adaptation.
Car si tous les réglages sont optimaux mais que les proches stigmatisent l’utilisateur, il est plus que probable que l’appareil finira au placard voire ne passe pas la barre de l’essai de 30 jours.
Voici quelques conseils pour les proches de vos patients
Comment intégrer ces données dans l’activité de son centre auditif ?
Quand on a en tête tous ces freins, cela peut être décourageant. Alors comment transformer ces constats en leviers d’action concrets dans votre pratique quotidienne ? Voici quelques pistes pour faire évoluer les mentalités et fluidifier le parcours patient :
- Créer des ponts avec les prescripteurs : sensibiliser les ORL aux bénéfices d’un appareillage précoce, même en cas de perte légère est indispensable. Ainsi, nous proposons des kits de communication et soirées dédiées pour vous aider à communiquer avec les médecins ORL et partager votre expérience du terrain avec eux. Les dernières études sur le sujet sont aussi d’excellents moyens d’ouvrir la discussion.
- Accompagner les freins émotionnels avec empathie : au-delà de l’écoute active et de la patience requise pour la gestion bienveillante des patients, de nombreux outils existent pour aider les patients à formuler et exprimer leurs besoins et appréhensions au cours du processus d’appareillage.
- Valoriser la technologie sans jargon : afin de montrer à quel point les aides auditives seront utiles à leur quotidien, il est crucial de ne pas minimiser la technologie intégrée dans les appareils : connectivité, IA, réduction du bruit, rechargeable, design discret…
- Impliquer les proches dans le parcours de soin : encourager les rendez-vous en duo avec le conjoint ou un proche permettra de garantir un meilleur taux de succès. Pensez aussi aux brochures, vidéos, témoignages, conseils pratiques dédiés aux utilisateurs et même à leurs proches.
Tous les outils et guides Oticon sur MyOticon.
L’audioprothésiste est souvent le premier repère pour les patients. Son rôle dépasse la technique : il les aide à comprendre, à accepter et à investir dans leur santé auditive pour retrouver une meilleure qualité de vie. C’est à lui que revient la mission délicate de les aider à franchir le pas de l’appareillage.
C’est pourquoi Oticon accompagne les professionnels dans cette mission, avec des solutions innovantes, une audiologie unique et une démarche de véritable partenariat qui améliore le quotidien des audioprothésistes pour qu’ils changent la vie des malentendants.
En savoir plus sur l’Excellence Oticon.
Références :
- Baromètre IFOPxOticon 2024, les Français face à la perte auditive.
- Étude EuroTrak FRA 2025 par Anovum GmbH.
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